Méditation, spiritualité et religion

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Quelle est la différence entre la spiritualité et la religion ?

Les fondateurs de toutes les grandes religions ont enseigné la spiritualité, mais religion et spiritualité ne sont pas la même chose. Il existe des spiritualités en dehors des religions, au-delà des dogmes et des croyances. « Toute religion relève, au moins pour une part, de la spiritualité; mais toute spiritualité n’est pas forcément religieuse ». (André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, p 2006,146-147)

« Il convient en premier lieu de distinguer religion et spiritualité, parce que nous allons désigner avec la spiritualité une réalité plus fondamentale et universelle que les religions. (…) L’un des traits caractéristiques de notre époque est même une forme d’autonomisation de la spiritualité par rapport aux religions instituées. » (Dominique Bourg, Une nouvelle terre, DDB, 2018, p.65-67)

Quelqu’un a demandé un jour à mon maître spirituel – Shrii Anandamurti – s’il essayait de fonder une nouvelle religion, il a répondu :« La religion ne m’intéresse pas. Je m’intéresse aux êtres humains et au but des êtres humains, et à la manière de combler le fossé entre les deux ».

De nombreuses religions peuvent faire la même affirmation, mais la réalité est que trop souvent la spiritualité enseignée par le fondateur de ces religions a été perdue, ou obscurcie par des dogmes et des rituels. Il existe de profondes différences entre les enseignements du Christ et les pratiques du christianisme dominant ; entre ce qu’enseignait Krisna et l’hindouisme ; entre les enseignements du Bouddha et du bouddhisme. Au fil du temps, des divisions se sont développées au sein des religions, qui ont parfois conduit à la persécution et même à la guerre.

Quand on regarde les périodes les plus sombres de l’histoire religieuse, il est difficile de croire que les gens aient pu s’éloigner à ce point des enseignements exaltés de leurs grands précepteurs. Le message original était spirituel, mais à des degrés divers, cet esprit s’est dilué ou perdu à cause de traductions et d’interprétations erronées, de la perte des pratiques de méditation spirituelle, des tentatives d’individus moins évolués de dissimuler les concepts spirituels dans des dogmes et du fait que les religions sont devenues des institutions religieuses et politiques.

Au sein de toutes les grandes religions, il existe des traditions mystiques qui comportent de nombreux éléments de spiritualité, mais elles sont l’exception plutôt que la règle. Elles ne représentent pas la religion dominante et ont même été souvent qualifiées d’hérésie, et la propagation de ces enseignements a trop souvent été « récompensée » par la persécution.

Ce qu’il nous reste dans les différentes religions pratiquées encore au XXIème siècle est un mélange quelque peu confus de vérité et de dogme. Si nous voulons faire le tri dans les éléments spirituels, il est important de comprendre les différences réelles entre la spiritualité et le dogme religieux. Au fil du temps, ces différences au sein de la religion dominante sont devenues de plus en plus distinctes :

  1. La spiritualité est théiste, et a un concept très développé et rationnel de Dieu ou de la Conscience Infinie. Le dogme religieux peut être théiste, comme dans le judaïsme, le christianisme et l’islam, ou athée, comme dans le bouddhisme, le shintoïsme, et peut-être même le communisme. Les religions dogmatiques ont généralement soit une conception peu développée et irrationnelle de Dieu, soit aucune conception de Dieu du tout.
  2. La spiritualité est non dualiste et affirme que le but de la vie humaine est de fusionner son moi (ou le sentiment du « je ») dans la Conscience Infinie. Les religions théistes ont tendance à être dualistes, proposant une séparation fondamentale entre Dieu et le monde et la croyance que le but de la vie humaine est d’entrer dans une relation avec Dieu et d’aller au ciel après la mort.
  3. La spiritualité est libre et pratique, et peut être expérimentée et réalisée par la méditation spirituelle. L’accent est mis sur l’intérieur, amenant le pratiquant vers une réalisation personnelle. Les religions, quant à elles, mettent l’accent sur la foi et la croyance, et bien qu’elles enseignent aux gens différents types de prières, la plupart des pratiques actuelles sont orientées vers l’extérieur, impliquant des rituels, des festivals et des cérémonies.
  4. La spiritualité est un choix de vie et est intégrée dans tous les aspects de l’existence d’une personne. Une grande partie de la religion est ritualiste et constitue généralement une partie compartimentée de la vie d’une personne, pratiquée principalement dans les temples, les églises, les mosquées.

La religion ne peut servir son objectif propre de libérer les fidèles de l’ignorance et de l’obscurité spirituelle que dans la mesure où elle reste fidèle à sa spiritualité originelle. Il n’y a pas de paradis ni d’enfer ailleurs que dans le mental, dans les pensées, dans les croyances. Il n’y a pas d’ennemi car la séparation est une illusion. Il n’y a que la Vie, mais cela l’égo a du mal à le comprendre. La spiritualité est un dépassement de l’ego, une ouverture à l’altérité.

Dans une spiritualité libre, inspirée par Shrii Ánandamúrti, faire preuve de dévotion dans la vie c’est considérer que tout dans cet univers est divin. On regarde alors les personnes comme l’expression du divin. On peut ainsi transcender l’amour pour nos proches et la compassion pour tous en dévotion pour le divin. Cet état d’esprit de chaque instant et la conduite morale qui en découle est une méditation en elle-même. Si on a développé un amour inconditionnel, on reconnaîtra cette base aimante même chez les plus cruels, qui agissent de manière inhumaine par ignorance de leur vraie nature.

Il est dit dans les Upanishads que : Celui qui voit tous les êtres dans son propre moi et son propre moi dans tous les êtres, perd toute peur.

Bien que la méditation spirituelle soit née dans l’Inde du Sud dans l’Antiquité, son influence se retrouve dans de nombreuses traditions spirituelles. Aujourd’hui, elle continue à répondre à un besoin humain universel car « Il y a dans l’être humain une soif d’illimité » (Shrii Shrii Ánandamúrti)

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