Les sociétés, particulièrement en Europe, sont en train d’apprendre à éviter les guerres entre les nations. La prochaine étape consisterait à avoir la même démarche dans les relations sociales. L’objectif étant la démocratisation des richesses, je pense que la dernière attitude des actionnaires décrite ci-avant s’imposera dès lors que le système d’économie libérale sauvage, qui prévaut actuellement au niveau mondial, prendra un grand coup de réformes sinon il périra de lui-même,  et nous n’en sommes peut-être pas loin. Dès lors, il s’agit de trouver les concepts de référence pour bâtir un système sain et un développement durable pour tous. 

Discerner les sources d’influence et l’inspiration créatrice

On sait maintenant que l’élévation ou le contrôle de la conscience de l’individu est devenu le lieu d’une lutte économique, politique, et pseudo-spirituelle. Ce que la plupart des gens a des difficultés à réaliser, c’est que tout ce qui a une influence sur la conscience a une influence sur le réel. En fait, c’est le progrès de la conscience individuelle qui fera changer la conscience collective et non l’inverse. Alors quels rapports devons nous établir les uns entre les autres ? y a t-il une expression de la spiritualité possible dans les relations entre hommes et femmes au sein d’un couple ?  L’un et l’autre semble être comme les deux ailes d’un oiseau : pour se diriger vers le haut et atteindre la plénitude les deux genres doivent avoir un but commun élevé et coordonner leurs mouvements pour aller loin. « Dans la vie individuelle comme dans la vie collective la pureté est nécessaire à égalité entre l’homme et la femme et pour cela une réelle vision spirituelle est nécessaire. Mais c’est impossible aussi longtemps que l’injustice existe entre les deux sexes ». (P.R. Sarkar-Human Society I,43)

La vision spirituelle dont parle ici P.R. Sarkar peut être appréhendée en se posant la question fondamentale de ce qu’est l’Etre Humain. Est-il d’abord un corps physique éventuellement habité par un esprit individuel ? Ou avant tout une expression d’un Esprit universel qui a pris la forme humaine pour s’incarner sur la planète Terre? Vaste débat d’ordre métaphysique et philosophique sur la manière dont on doit considérer l’Autre et sa place dans la vie collective des hommes et des femmes. Il y a sans doute un juste milieu à trouver dans les différentes traditions culturelles d’orient et d’occident. « Dans l’être vivant il y a une soif pour l’llimité » dit P.R. Sarkar. Je pense que l’être humain a besoin de l’étranger pour Etre et d’étrangeté pour satisfaire notre curiosité naturelle et notre progrès vers l’absolu.

J’ai appris que tous les sages des sociétés traditionnelles ont donné une place importante aux rêves. Ils leur permettaient d’être en rapport avec l’invisible, avec les énergies de la nature, et avec leurs propres forces psychiques, sans être encombrés par le mental. La psychanalyse nous apprend que nous sommes dans le même état de conscience que nous rêvions ou créions. Mon expérience me permet d’affirmer que par la méditation on peut développer cet état de conscience, il aide à devenir libre. Les récentes découvertes en sciences quantiques et informationnelles peuvent aussi apporter matières à réflexion. (Voir l’article sur les microvitas)

Je pense possible la transcendance des consciences vers une union avec la Force qui guide les étoiles, lesquelles se mouvant en cohérence dans l’infini univers intergalactique. Dans la pratique quotidienne, il appartient à chacun de rechercher les aspects qui rassemblent les humains plutôt que de dresser des murs sexistes, ethniques, philosophiques, culturels, religieux, générationnels ou tous autres aspects qui les divisent. Par expérience, je peux dire que la pratique de la méditation est la meilleure synthèse que je connaisse pour mettre ces différents aspects de la civilisation humaine au service de la spiritualité.

Pour cela, le monde a besoin d’éducateurs pragmatiques, de toutes sensibilités, qui éclairent, stimulent la réflexion pour penser autrement, qui inculquent un sentiment élevé à la psychologie humaine. Ceux-ci sont reconnaissables par leur comportement exemplaire et un état d’être fait de cordialité et d’affection. Par leur esprit de service désintéressé, ils diffusent leur savoir éclectique à travers des conférences, magazines, livres, films, romans. Personnages médiatiques ou travailleurs dans les quartiers, ils sont de plus en plus nombreux à intervenir dans l’enseignement libre et les mouvements d’éducation populaire, à agir pour que personne ne reste à la traîne et ne ralentisse l’avancement des  sociétés vers le progrès global de l’humanité.

Le pouvoir du consommateur

Aujourd’hui, qui contrôle le son et l’image sur un plan économique et politique contrôle les consciences. Les producteurs et les responsables des médias, notamment, ont une grande responsabilité vis-à-vis de leur public. Nous sommes tous des acheteurs de quelque chose, nous devons être aussi des producteurs de valeurs à travers les biens que nous fabriquons ou achetons.

L’effort de reconstruction vers un nouvel ordre mondial plus juste doit passer par une forme coopérative des entreprises et une gestion où l’échelle des salaires est réduite et établie d’une manière consensuelle au sein d’une même entreprise. De nombreux chefs de petites et moyennes entreprises en Europe ont compris ce nouvel état d’esprit de coopération mais il doit toucher tout le monde, sans quoi les règles de compétitivité sont faussées. Les acheteurs que nous sommes tous devraient  acheter d’abord aux entreprises vertueuses qui ne pressurisent pas leurs employés. Préférer ces entreprises qui ne contribuent pas à l’exploitation des travailleurs, parfois des enfants, dans les pays du tiers monde. Par cette solidarité, nous avons ainsi le pouvoir de faire évoluer les entreprises.

Pour le personnel des grandes entreprises multinationales, cela devrait commencer par dénoncer une trop grande disproportion entre les plus petits et les plus gros salaires. Il appartient à chacun selon son envie de retrouver les idéaux de Fraternité, de redonner à la société ce dont on n’a pas besoin pour faire changer le monde vers plus de compassion. Quand nous changeons, les autres tendent à changer aussi. C’est l’amorce d’une spiritualité universelle. Même les politiques changeront car la vérité, la justice, la bonté sont contagieux.

Au niveau mondial, la part des salariés aux bénéfices de l’entreprise devrait varier selon l’endroit et les individus, sa nature devrait être progressiste et toute richesse créée devrait  être réinvestie dans l’intérêt général, c’est-à-dire avant tout dans l’outil de production. Sous le capitalisme libéral dominant actuellement partout dans le monde, la culture de masse sert principalement les intérêts commerciaux. Cette culture est certes créative mais elle n’est pas  authentique. Elle est énergétique mais aussi destructrice de valeurs. La culture doit émerger d’une expérience ethnique ou régionale et insuffler des valeurs d’épanouissement de la psyché humaine.

Le développement d’une économie locale, y compris celui de l’écosystème, devrait être au centre des préoccupations. Le progrès n’étant autre qu’un sens accru de plénitude intérieure pour tout individu. Celle-ci ne néglige pas pour autant le développement matériel qui est comme la nécessaire fondation de toute quête à la réalisation spirituelle de Soi. Vous pouvez en lire plus sur la Théorie de l’Utilisation Progressiste sur ce site.

Se diriger en pleine conscience

Alors à tous les jeunes préoccupés de leur avenir,  vous avez sans doute reconnu dans ces propositions que le clivage que vous exprimiez entre partis de droite et partis de gauche devrait plutôt être ramené à un choix de femmes et d’hommes. Le choix de nos dirigeants doit se porter sur leurs hautes valeurs morales ; leur compréhension aigue des diverses préoccupations dominantes des citoyens ; une réelle capacité à négocier avec les partenaires sociaux et avec les dirigeants des autres pays du monde. Affabilité et self- control en toutes circonstances, ainsi qu’une forte capacité de discernement font aussi partie des qualités d’un leader attaché à des convictions humanistes essentielles pour le bien commun. Il n’est pas facile d’avoir toutes ces qualités pour une femme ou un homme politique, surtout qu’en fait, elle ou il a peu de marge de manœuvre face aux pouvoirs de l’argent.

Pour résumer, doit-on élire celles et ceux qui  ont plus ou moins la capacité de penser et d’agir pour le bien-être de tous les individus de cette planète ?  Ou de garder à la tête des affaires ceux qui agissent  en fonction des intérêts personnels d’une classe minoritaire mais dominante ? Doit-on faire confiance aux dirigeants qui profitent du labeur des moins instruits ou qui contrôlent des citoyens à qui on ne donne pas les moyens de leurs ambitions légitimes et responsables ?

Dans tous les cas, la capacité à écouter et à entendre ce que l’Autre veut dire est primordiale pour créer les conditions du changement et bâtir une société de confiance. « Notre société n’est pas une fatalité mais l’image de notre conscience » rappelle Pierre Rabhi. Cette attention à l’autre va de pair avec une dialectique créative et adaptée au réalisme quotidien, car « il n’y a de permanent que le changement ». Les dirigeants de tous bords le savent bien : tout est une question de méthode pour faire passer un message. Pour mieux préserver leurs intérêts personnels, pour ne pas être taxé de sectarisme, ni d’hypocrisie,  ils adoptent une expression « fluide » pour préparer l’opinion publique à des décisions aux conséquences difficiles à vivre pour elle. Ne soyons plus vulnérables à cette exploitation des masses populaire (voir l’article : « économisez avec la psycho-économie »).

Se développer ou éduquer, le maître, c’est la Vie

C’est un fait quotidien pour beaucoup de personnes, notre civilisation souffre du stress et de la vie de fous que nous menons, mais elle offre aussi le support inappréciable de la technologie moderne. Trop de matérialisme à envahi notre quotidien cependant, je crois que nous sommes à la croisée des chemins, à savoir à un moment de l’histoire où nous sommes collectivement mûrs, en tant que race Humaine, pour intégrer sagesse traditionnelle orientale et technologies initiées en occident. Après la domination des religions puis le culte de la science et du matérialisme, nous entrons dans la troisième génération de notre développement spirituel, celle de la synthèse. Laquelle viendra du plus profond de l’esprit humain et qui ira dans le sens d’une intégration consciente du divin dans la psyché et non d’une projection du divin vers une extériorité, comme cela était souvent le cas des religions traditionnelles.

« Ceux qui ne prennent pas soin de se développer, dévient de la loi de l’attraction universelle et se déplacent vers l’abime des ombres ou dans une spirale de négativité. Leur futur est sombre. Ce mouvement est le facteur le plus important dans ce monde […]  Souvenez-vous, vous êtes les enfants aimés de l’Entité Suprême. […] Si vous ne voulez pas marcher vers l’Entité Universelle aimante, alors vous irez à la rencontre de l’annihilation. Plus vous vous rapprochez du Principe Cognitif Suprême à travers l’Amour,  plus grand spirituellement vous deviendrez. Votre être tout entier sera illuminé avec excellence, douceur et un intellect raffiné » (P.R. Sarkar in Light comes).

Cette libre recherche spirituelle et comportementale doit être accomplie selon une approche subjective à travers des ajustements objectifs. Lesquels impliquent des actions d’enseignement collectif à la morale et à la philosophie comme des exercices de lucidité. Ils impliquent aussi la transmission dans une voie non-duelle d’une méditation correspondant aux besoins de chaque individu. Notons que l’éveil à la présence ne peut être transmis, c’est à chacun de le trouver notamment en faisant le silence en lui-même. Ces actions éducatives ont comme objectif de former l’individu à développer sa conscience et sa pensée pour en faire un être digne et responsable et non pour renforcer l’égo.

Pour que cette action éducative soit effective, je pense qu’il faut abandonner toutes croyances dogmatiques ainsi que les tendances à la division qui fonctionnent quelquefois dans le mental humain. Ensuite, à tous ceux qui  le demandent, donner l’inspiration à s’élever vers le progrès de la conscience individuelle. Il s’agit là de répondre à cette propension naturelle qu’ont, consciemment ou non selon le maître yogi P.R. Sarkar, tous les êtres  humains à se mouvoir autour d’une entité suprême aimante. Il s’agit aussi de guider chacun vers plus de conscience des problèmes planétaires qu’ils soient d’ordre économique, écologique, sociétal. Cette ouverture d’esprit ne pourra réellement se faire que par une initiation au fonctionnement de l’esprit humain.

Lire la suite > Pourquoi y a-t-il des dominants et des dominés ?

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