GÉNÉRALITÉS

Dans le monde du travail d’aujourd’hui, il y a une relation de subordination entre le(s) propriétaire(s) de l’entreprise et ses salariés. Cela amène des excès, en particulier dans les grands groupes, en termes d’écarts de rémunération, et plus généralement en termes de respect humain. Les hommes sont souvent considérés comme une simple marchandise. Dans ce monde de brutes, il existe un modèle d’entreprise qui doit être encouragé : c’est le modèle de coopérative.

Qu’est-ce qu’une coopérative ?

Une coopérative est une entreprise qui est possédée collectivement par l’ensemble de ses salariés.

Chacun est membre de la coopérative et à le même droit de vote que tous les autres membres. Pour autant, il y a évidemment une personne, au sein de la coopérative, qui est chargée d’effectuer le travail de gestion de la coopérative au quotidien. Mais cette personne est désignée par l’ensemble des membres de la coopérative. Si, au départ, personne au sein de la coopérative ne possède réellement les compétences nécessaires à cette fonction, la coopérative embauche quelqu’un pour cela. Toutefois, une fois devenu membre de la coopérative, cette personne n’a pas plus de droits que les autres membres.

Lors de la désignation de son gestionnaire, la coopérative doit veiller à sélectionner une personne qui non seulement est compétente, mais qui en plus fait preuve d’une moralité exemplaire, qui défende avant tout l’intérêt collectif de la coopérative, et non pas son intérêt personnel. Au fil du temps, cette personne peut être un jour remplacée dans sa fonction par un autre membre de la coopérative, si les salariés le jugent utile.

Dans une société coopérative, les bénéfices sont répartis entre le renforcement des fonds propres et des primes versées à chaque membre. Il peut, par contre, y avoir une certaine disparité de salaires au sein de la coopérative, selon l’implication et les responsabilités prises par chacun

Quelques notions historiques

Le système de coopérative est relativement ancien. A Morlaix, en Bretagne, la première coopérative s’est créée en 1894 et, jusqu’à la première guerre mondiale, il y a eu, dans cette ville, jusqu’à 20 coopératives (cf. le reportage de France 3 Iroise du 24 octobre 2011). Depuis, même si c’est de façon marginale, des coopératives ont continué d’exister jusqu’à nos jours, qu’il s’agisse de coopératives agricoles, de coopératives ouvrières (SCOP : société coopérative ouvrière de production), de certaines chaines de magasins (par exemple Biocoop).

Quelques cas concrets actuels

Le contexte actuel rend favorable la création de coopératives, soit lorsque les propriétaires décident de fermer une entreprise et que les salariés souhaitent la reprendre collectivement, soit lorsque le gérant d’une PME pense, au moment de son départ à la retraite, à transmettre la société à son personnel sous forme de coopérative (cf. le journal France 3 Iroise du 28 octobre 2011), ou tout simplement lors de création d’une nouvelle entreprise, si les personnes concernées le souhaitent. Tous les domaines d’activité sont concernés. Les reportages de France 3 Iroise diffusés entre les 24 et 28 octobre 2011 citaient, en particulier, des cas d’artisans en bâtiment, d’une société de conseil en communication, même d’un parc de loisirs : l’Aqua Show d’Audierne, dans le Finistère.

Les coopératives ne se limitent pas aux très petites structures. Une très importante coopérative, probablement une des plus grosses au monde, est la société Mondragon, située au pays basque espagnol. En 2008, elle avait plus de 90 000 salariés et son chiffre d’affaires était de 16 milliards d’euros (source : Wikipédia). Elle intervient à la fois dans l’industrie et le secteur tertiaire.

Signalons enfin deux points confirmant ce regain d’intérêt que les coopératives sont en train d’acquérir :

  • Un salon intitulé « coopérer pour entreprendre » s’est tenu à Clermont-Ferrand les 3 et 4 novembre 2011.
  • L’ONU a décrété l’année 2012 « année internationale des coopératives ».

LA TUP ET LE SYSTÈME DE COOPÉRATIVES

Généralités

La théorie de l’utilisation progressiste (TUP) prône la généralisation du concept de coopérative. En dehors de ce système, deux autres structures coexisteront :

  • Les entreprises individuelles
  • Les grosses structures ayant un rôle stratégique, qui deviendront propriété du gouvernement régional ou national (centrales électriques, sociétés de transport collectif par exemple).

Tout le reste sera organisé en coopératives. Il en existera trois catégories :

  • Les coopératives agricoles
  • Les coopératives de producteurs
  • Les coopératives de consommateurs

Les coopératives de producteurs vendront directement aux coopératives de consommateurs. Par rapport au système actuel, à la fois les producteurs et les consommateurs s’y retrouveront. D’abord, l’absence d’intermédiaire (contrairement à la grande distribution actuelle, qui s’en met plein les poches) fera que les producteurs gagneront plus, tout en faisant payer moins cher les consommateurs, surtout que les bénéfices seront redistribués. Par ailleurs, le fait que les consommateurs soient, eux aussi, regroupés, leur permettra à la fois de bénéficier de prix intéressant, tout en assurant aux producteurs un volume de vente suffisant.

Participation au développement local

Tout cela se passera au niveau local. On ne verra plus, contrairement à aujourd’hui, des produits parcourir la planète avant de revenir, transformés, au point de départ. L’empreinte carbone s’en trouvera diminuée, et la planète en meilleure santé, à la fois écologiquement et socialement. En effet, les ressources locales feront travailler les gens du coin, et cela se vérifiera partout dans le monde. L’immigration économique faiblira alors progressivement.

Cas des coopératives agricoles

Il existe deux types de coopératives agricoles : les coopératives de fermiers et les coopératives de transformation, lesquelles sont considérées comme des coopératives de producteurs de type industriel. Concernant les coopératives de fermiers, les choses sont un peu plus complexes et se feront par étape. En effet, dans un premier temps, il y aura deux types de population : les propriétaires de terrain et les travailleurs sans terre. Les propriétaires seront invités à intégrer la coopérative et à y travailler. Une part de l’argent gagné le sera alors par la quantité de terre possédée, et une autre par le travail effectué. Ensuite, une redistribution des terres se fera progressivement, de façon que, à un moment donné, tous les membres de la coopérative possèdent une certaine part de la terre. Seuls les travailleurs permanents pourront devenir propriétaires, pas les travailleurs saisonniers.

Pratique de la sous-traitance

Avec le système de coopératives, il est possible d’avoir plusieurs niveaux de sous-traitance. Par exemple, une coopérative qui usine des pièces détachées, une autre qui les assemble pour en faire des moteurs, une troisième qui assemble des machines à laver utilisant ces moteurs. Dans certains cas, certaines personnes pourront travailler à domicile, par exemple pour filer du coton et le fournir à la coopérative locale qui l’utilisera dans des métiers à tisser.

CONCLUSIONS

Le système de coopératives offre de nombreux avantages. Il encourage les travailleurs à s’impliquer plus, pour un résultat qui leur profitera, mais qui profitera aussi à la collectivité. La dignité, le respect de soi et des autres s’en trouvent amélioré.
Nous vivons dans un monde où règnent l’individualisme, la recherche du profit personnel ou corporatiste. La généralisation du système de coopératives participera à faire avancer l’humanité toute entière vers un avenir qui s’avèrera meilleur, à la fois individuellement mais aussi et surtout collectivement. La TUP sera partie intégrante de ce changement de société.

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