VU EN LIBRAIRIE : La guérison du monde, par Frédéric Lenoir (ed. Fayard)

Frédéric Lenoir est un phi­lo­sophe qui s’intéresse en par­ti­cu­lier aux reli­gions. Dans ce livre, il prend du recul par rap­port au monde d’aujourd’hui. Il pose un diag­nos­tic sur la crise actuelle, et pro­pose une voie sur laquelle la société devrait s’orienter pour que la situa­tion s’améliore.

L’auteur pense que les dif­fé­rentes crises que nous connais­sons (éco­no­mique, sociale, envi­ron­ne­men­tale, agri­cole, sani­taire, iden­ti­taire, poli­tique…) sont dif­fé­rents aspects d’une seule et même crise, qui est de carac­tère struc­tu­rel. Autrement dit, il s’agit d’un pro­blème de fond, qui doit être pris à bras le corps.

Après être revenu sur les dif­fé­rents bou­le­ver­se­ments qu’a connus le monde depuis deux siècles, Il se penche sur la situa­tion actuelle. Il pense que la période que nous vivons est une période char­nière, que nous vivons ou allons vivre une révo­lu­tion socié­tale que rien ne pourra arrê­ter et qui n’a d’équivalent que le moment ou l’homme est passé du paléo­li­thique au néo­li­thique,  avec l’arrivée de l’agriculture, la séden­ta­ri­sa­tion, la créa­tion des pre­mières cités.

A l’époque, le patriar­cat est devenu la règle, alors que selon lui les tri­bus de chasseur-cueilleurs étaient plus éga­li­taires. Frédéric Lenoir sou­haite que, hommes et femmes confon­dus, nous déve­lop­pions plus les valeurs fémi­nines que sont les rela­tions humaines, la diplo­ma­tie, la com­pas­sion, alors que dans notre société c’est la loi du plus fort qui s’impose.

Il pense que le consu­mé­risme, le fait de mettre l’argent au-dessus de tout, est plus un pro­blème qu’une solu­tion, et qu’il va fal­loir en sor­tir, ainsi que du néo­li­bé­ra­lisme, de l’individualisme for­cené et de la « culture fast-food » généralisée….

L’auteur voit avec bon­heur un cer­tain nombre d’initiatives à tra­vers le monde, dont il donne divers exemples dans les domaines de l’écologie, des sys­tèmes moné­taires d’échanges locaux, du déve­lop­pe­ment per­son­nel, du com­bat social… un phé­no­mène favo­risé par le déve­lop­pe­ment des ONG et d’une  société civile mon­diale, et par la forme de contre-pouvoir que per­mettent les nou­velles tech­no­lo­gies (Internet, télé­pho­nie mobile).

Au final, Frédéric Lenoir sou­haite que l’humanité redé­couvre des valeurs qu’il juge essen­tielles pour gui­der l’humanité : le res­pect de l’autre, la jus­tice, l’amour, la vérité… Il appelle à une « révo­lu­tion de la conscience humaine » et pro­pose de « se trans­for­mer soi-même pour chan­ger le monde ».

En conclu­sion, même s’il ne pro­pose pas de modèle socio-économique nou­veau pour accom­pa­gner cette trans­for­ma­tion des esprits, il n’en demeure pas moins que le livre « La gué­ri­son du monde » de Frédéric Lenoir amène le lec­teur à réflé­chir sur le monde d’aujourd’hui et de demain, sur la néces­sité qu’a notre société de « chan­ger de paradigme ».

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